Les vaches d'abattage de bonne qualité, c'est-à-dire de qualité T et supérieure, sont très demandées. Les prix des vaches laitières de réforme et des vaches allaitantes sont toujours bons malgré les nombreux abattages dus au manque d'aliments l'été dernier. Le potentiel de ces animaux est souvent sous-estimé.
![[Translate to Französisch:] Ausmast Milchkühe Vache laitière en train de brouter, vue latérale.](/fileadmin/_processed_/5/8/csm_AusmastMilchkuehe_ThomasAlfoeldi_BioSuisse_b8806bfd64.jpg)
Habituellement, ces bêtes ne sont pas malades, mais elles ne portent plus où elles ne peuvent plus être traites à cause des mammites. Ces animaux ont par leur nature un important potentiel de croissance. Durant la gestation, les vaches accumulent des réserves qu’elles utilisent pendant la lactation qui suivra. Sans gestation, l’augmentation de la masse corporelle va encore bien plus vite, parce qu’il n’y a pas de veau qui doit grandir. Des essais en Autriche ont montré que de telles vaches peuvent atteindre facilement un accroissement journalier de 1550 grammes.
Vache exemplaire
Prenons par exemple le cas d'une vache de réforme de 580 kg de poids vif et engraissons-la durant 100 jours afin de lui permettre d’atteindre 730 kilos, en lui administrant un régime alimentaire qui permettrait de traire au moins 15 kilos de lait par jour. Basons-nous sur les prix de la semaine 40 (= octobre) de 2014. En améliorant le rendement de la carcasse de 44 à 48 %, cela donne un poids vif qui augmente de 255 à 350 kg, donc cela représente 95 kg en plus. La taxation passera de A2 à T3. Le prix bio des animaux T3 s’élève à 7.80 francs et celui des animaux A2 à 6.80 francs. La bête non engraissée, se vend donc à 1734 francs, alors que la même bête, mais engraissée, rapporte 21730.00 francs. En 100 jours, la bête a donc pris 996 francs de valeur.
Conclusion
Si une vache de réforme est engraissée, il est possible de gagner une somme d’argent intéressante. La valeur de cette vache augmente de plus de 10 francs par jour. Pour comparaison, les génisses d’élevage ou les animaux d’engraissement du programme « Bœuf de pâturage bio » n’augmentent que de 3 à 4 francs de valeur par jour. Il est important que ces vaches mangent un fourrage grossier de très haute qualité, qui permettrait d'assurer un potentiel de production de lait de 15 à 20 kilos par jour.
Quelques points importants à contrôler lors de l’achat
- La vache ne doit pas être portante, une garantie doit donc être exigée du vendeur.
- L’animal doit être en bonne santé, on peut le vérifier en portant une attention particulière aux onglons et aux dents.
- Afin de s’assurer que l’animal n’est pas porteur de la grande douve, une analyse préalable des fèces doit être effectuée.
- Les ténias ne sont quant à eux découverts qu’à l’abattage, les morceaux atteints sont déclassés.
- Pour l’ensemble de ces défauts cachés, il est important d’exiger une garantie du vendeur.
- Dans les étables et surtout en hiver, l'intégration d'une vache achetée peut être difficile. Si l’on est éleveur de bétail laitier, il est donc préférable d'engraisser les vaches sur sa propre exploitation.
Franz Josef Steiner, FiBL