La journée production porcine bio 2025 s'est récemment tenue au FiBL, à Frick. Des représentant·es du marché, de la production et de la recherche ont échangé sur des questions et des défis actuels du marché suisse du porc bio. Les thèmes principaux de la manifestation étaient cette année la santé des onglons, l'alimentation et l'abattage.
Diminution de la demande chez Coop et Migros
La manifestation a débuté avec un exposé de Luca Müller, Product Manager viande chez Bio Suisse, sur la situation actuelle du marché indigène bio. Ce dernier reste compliqué suite à une baisse de la demande du côté de Migros depuis le deuxième trimestre 2024. La demande des deux grands distributeurs va encore diminuer à l'avenir (Migros: -15 pour cent dès le quatrième trimestre 2025, Coop: -5 pour cent pour 2026) et à cela s'ajoute désormais un comportement d'achat restrictif de Migros.
Selon Luca Müller, des objectifs importants ont toutefois pu être atteints dans le cadre des négociations de prix et de quantités avec Migros, par exemple des volumes d'achat planifiables et un prix indicatif stable. Rétrospectivement, l'approvisionnement du marché a été fortement excédentaire fin 2024, ce qui a nécessité des mesures d'allègement. Pour les années 2025 et 2026, Luca Müller pronostique que l'offre va se rapprocher de la demande, mais que la production devra continuer à être réduite.
Prévention et traitement des blessures aux onglons
Stefanie Klausmann, du Service sanitaire porcin de Suisag, s'est ensuite exprimée sur la santé des onglons. Des facteurs tels que la génétique, l'alimentation et les infrastructures peuvent se répercuter négativement sur la santé des onglons des truies. Selon la vétérinaire, des éléments nutritifs comme le zinc, le cuivre et la biotine jouent un rôle déterminant dans la structure de la corne des onglons. Un approvisionnement adéquat des animaux par l'alimentation ainsi que la biodisponibilité de ces substances est donc une condition pour une bonne qualité de la corne.
La vétérinaire a évoqué le panaris, une inflammation purulente située au niveau des onglons, et montré les causes et les conséquences de cette affection. Des bactéries pénètrent plus au moins profondément dans la zone des onglons suite à une blessure, ce qui peut entraîner des inflammations douloureuses. Des caillebotis endommagés, des arêtes vives et des marches tranchantes sont des sources possibles de blessures, en particulier avec un troupeau agité.
Présentation d'une cage de parage mobile
Des accumulations d'eau ainsi que des sols glissants ou gelés représentent également un risque selon Stefanie Klausmann. Des fissures ou des lésions des onglons ainsi que des onglons trop longs sont d'autres éléments perturbateurs de la santé des onglons qui nécessitent des mesures sur le plan des soins, de la qualité du sol et/ou de l'alimentation.
L'exposé s'est conclu par la démonstration pratique d'une cage de parage. Sous une pluie battante, Eugen Schmid, de l'entreprise Tool Systems, a présenté à l'assistance le principe de la cage de parage mobile, qui permet de soigner facilement les onglons des animaux.
Alimentation des porcs bio axée sur les ressources
Ueli Wampfler, responsable régional des ventes pour le fabricant d'aliments Granovit, a présenté les principaux défis d'un approvisionnement des porcs à l'engrais conforme à leurs besoins. Les besoins en protéines des animaux sont élevés en début de vie, puis diminuent à mesure que leur poids augmente. Si l'offre en protéines par l'alimentation restait stable, cela engendrerait un sous-approvisionnement ou un excès suivant la phase de croissance. Une alimentation par phases appauvrie en azote doit permettre de réduire les pertes d'ammoniac par l'urine et les fèces des animaux. De plus, elle est soutenue par la Confédération, par le biais des contributions à l'utilisation efficiente des ressources.
Dans ce contexte, les valeurs limites spécifiques sont plus élevées pour les exploitations bio, selon Ueli Wampfler car, contrairement à la production conventionnelle, il est interdit d'ajouter des acides aminés synthétiques aux aliments fourragers bio. Pour garantir un bon approvisionnement des porcs en acides aminés essentiels, on peut donc affourager davantage de matière azotée, avec à la clé des rejets accrus d'ammoniac.
Dans son exposé, Ueli Wampfler a répété que l'efficience dans la production porcine bio est difficile à atteindre en raison des directives, mais qu'il faut impérativement tendre vers cela.
De la mise à mort à l'abattage
Dans sa présentation, Milena Burri, collaboratrice scientifique au FiBL, a présenté les conditions et le cadre légal de la mise à mort d'urgence sur une exploitation. Pour être autorisée à procéder à une mise à mort, la personne concernée doit être compétente en la matière. Par ailleurs, les méthodes à utiliser diffèrent suivant l'âge et la taille de l'animal et elles doivent être correctement appliquées, selon Milena Burri. Elles comprennent l'euthanasie par un ou une vétérinaire, la percussion avec un pistolet non perforant avec ou sans saignée, ainsi que le coup sur la tête ou le pistolet à tige perforante suivi d'une saignée.
Dans un autre registre, la mise à mort à la ferme représente une alternative à l'abattage habituel dans un abattoir. Le projet du FiBL «hosk», qui a été présenté par Anna Jenni, traite de la mise à mort des porcs et des petits ruminants à la ferme. Avec la mise à mort à la ferme, l'étourdissement et la saignée sont effectués par l'agricultrice ou l'agriculteur, ou des prestataires de services. Ce concept est déjà relativement bien étudié pour les bovins et des résultats liés au stress ressenti par les animaux sont disponibles.
La situation, soit moins de stress lors d'une mise à mort à la ferme plutôt qu'à l'abattoir, est similaire pour les porcs. Une autorisation du service vétérinaire cantonal ainsi que des infrastructures adéquates sur la ferme et pour le transport sont des conditions nécessaires à la réussite de la mise en œuvre de cette pratique sur l'exploitation agricole. Les rencontres du réseau Mise à mort à la ferme au FiBL doivent stimuler les échanges d'expériences avec la pratique et fournissent de plus amples informations sur le processus.
Innover avec une marque propre
Pour clore la matinée, Jürg et Martin Meier, de la ferme bio Meier à Noflen, près de Thoune (BE), ont présenté leur approche pratique pour l'alimentation de leurs porcelets au sevrage. Ils ont expliqué comment ils ont développé leur propre aliment pour porcelets. L'élément déclencheur a été un nombre remarquablement élevé de porcelets souffrant de diarrhées après le sevrage. Suite à plusieurs échecs, les deux praticiens ont débuté leurs propres recherches.
Après une période intensive d'expérimentation avec diverses compositions d'aliments et d'additifs, ils ont finalement obtenu un aliment idéal pour leur exploitation à base de déchets de légumes et de fruits provenant de l'industrie des jus. Une demande de patente a été déposée pour l'aliment en septembre 2024 et celui-ci est déjà utilisé avec succès sur leur exploitation et vendu à d'autres acheteurs.
Stephanie Hoch, FiBL
Pour en savoir plus
- Porcins (rubrique élevages)
- Réseau Mise à mort à la ferme (rubrique élevage)
- Projet Hoftötung von Schweinen und Wiederkäuern (fibl.org, en allemand)
- Exemple de cage en vidéo (tool-systems.ch)